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Azzedine Alaïa [ ru ]

Costumes

Alaïa. Un nom qui fait son apparition au tout début des années 1980, sur la vague de ce qu’on appelle à l’époque « les jeunes créateurs ». Le parcours d’Azzedine Alaïa, tunisien de naissance, est particulier : avant de se lancer dans la confection en série, il va pratiquer pendant plus de quinze ans son métier de couturier en artisan à Paris. Mais bien avant ça, alors qu’il est encore enfant à Tunis, il est initié par la lecture soutenue des journaux de mode de Paris.
Cette fascination pour l’élégance et le vrai chic parisien ne lâcheront jamais Azzedine Alaïa, même quand il décide de s’inscrire aux Beaux-Arts à Tunis section sculpture. Il arrive à Paris avec quelques adresses en poche, vers la fin des années 50. Il est logé chez la comtesse de Blégiers, qu’il habille en échange de quelques heures passées à garder les enfants. Cette époque de sa vie est décisive pour Azzedine Alaïa : elle marque en effet ses rencontres avec ses premières et très prestigieuses clientes, telles que Louise de Vilmorin, Simone Zehrfuss, et surtout, Arletty qu’il considère comme la parfaite incarnation de cette élégance si parisienne, et qu’il découvrira dans Les Enfants du Paradis au petit cinéma du Ranelagh, à deux pas de chez lui. Dans les années 60, il travaillera aussi pour Cécile de Rothschild, Claudette Colbert, ou encore Greta Garbo. En 1965, il s’installe avec sa petite famille d’amis rue de Bellechasse. C’est à cette adresse qu’il présentera sa toute première collection de prêt à porter, noire des pieds à la tête, en 1980. Le tournant est capital pour Azzedine Alaïa qui est alors repéré par quelques grands noms de la presse (spécialisée ou autre) : Melka Treanton, Nicole Crassat et Carlyne Cerf de Dudzeele du journal Elle, mais aussi Michel Cressole dans Libération qui s’accordent à vanter le savoir-faire d’Azzedine Alaïa. En 1984, il ouvre sa première vraie boutique logée dans un ancien hôtel de voyageurs, rue du Parc Royal, et aménagée tout spécialement par Andrée Putman qui compte déjà parmi les premières fans du style Alaïa.
S’il fallait lui inventer un titre dans le paysage de la mode contemporaine, il faudrait dire qu’Azzedine Alaïa s’est fait le porte-parole de la modernité dans les traditions. Coupes savantes et mise en valeur maximum du corps de la femme, voilà pour l’hommage à la grande couture française de Vionnet à Schiaparelli ; alliance inédites de matières (cuirs et houppettes de cygne, tweed et écossais) et concentration sur l’essence intrinsèque du vêtement (jamais de bijoux qui pourraient distraire le regard), voilà pour la modernité. Ses idées de collection sont souvent le fruit d’une rencontre, ou d’une idée lancée par un ami. C’est le cas de la collection hiver 90, inspirée d’une visite aux palais arabo-andalous de Grenade en compagnie de son ami Jean Louis Froment alors conservateur du CAPC (Musée d’Art Contemporain de Bordeaux) qui lui consacre une rétrospective exceptionnelle dès 1985.
C’est encore le cas avec le peintre Julian Schnabel (qui sera chargé de l’aménagement du nouvel espace Alaïa, rue de la verrerie en 1990) qui lui soufflera l’idée de la collection Tati.
En 1989, il conçoit la fameuse robe aux couleurs du drapeau français portée par la cantatrice Jessye Norman lors de son interprétation de La Marseillaise, point d’orgue du défilé du Bicentenaire de la Révolution française mis en scène par Jean-Paul Goude, ou encore avec Tina Turner à qui il dédiera une mini robe de perles.

 
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